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Article publié sur Bloomberg le 2019-08-08 qui montre que la volatilité des marchés n’est pas due directement à l’économie, mais à la stupidité de Trump qui manipule les marchés.

Les hauts et les bas des prix des actifs de chaque jour sont déterminés de plus en plus par les paroles et les actions de trois hommes.

Tout d’abord, bien sûr, Donald Trump, qui a redécouvert son pouvoir d’envoyer les marchés à la hausse - ou en chute libre avec moins de 280 caractères sur Twitter.

Ensuite, il y a le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, qui se voit maintes fois victime des méchants tweets de Trump pour s'être conformés à son mandat de faire ce qu'il y a de mieux pour l'économie américaine, ce qui n'est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour le Président.

Et à Beijing, c’est Xi Jinping, le président de la Chine, qui siège au sommet d’un parti communiste au sein duquel des politiciens et des banquiers centraux chantent d’une même voix, du moins lorsque l’auditoire est en dehors des observateurs.

Les marchés financiers ont été comme un gouffre où ces trois acteurs se font face. Powell, sous la pression de Trump pour une réduction agressive des taux d’intérêt, a fait tressaillir les marchés en signalant que la réduction des taux de la banque centrale le mois dernier était un ajustement à mi-cycle et non le début d’un assouplissement agressif de la politique monétaire.

(Une analyse de Bloomberg a montré qu’une baisse d’un quart de point du taux d’intérêt faisait épargner près d’un million de dollars à la famille Trump)

Dès le lendemain, le 1er août, Trump a exacerbé la vente sur les marchés en disant qu’il imposerait, à compter de septembre, des droits de douane sur pratiquement toutes les importations américaines qui avaient été exemptées jusqu’à aujourd’hui en provenance de la Chine. La réaction de Beijing le 5 août a provoqué les plus grosses vagues sur les marchés mondiaux: la Banque populaire de Chine a laissé sa devise se déprécier au plus bas niveau depuis 2015 et atteindre plus de 7 yuans pour un dollar (7,0468 yuans ce 8 août), un seuil qu'elle avait empêché d'entrer les dernières années. La Chine a également demandé aux entreprises d’État de suspendre leurs achats de récoltes aux États-Unis, renouvelant ainsi la pression sur les prix déprimés du maïs et du soja américains.

À chacune de ces collisions, la fragilité de l'économie et des marchés mondiaux est exposée. Il semble de plus en plus possible que quelque chose de grand et d’important soit brisé. Les investisseurs qui pensaient que les relations Américano-Chinoises se stabilisaient, et même s’amélioraient, ont été pris au dépourvu par l’escalade brutale de la tension. L’hypothèse que le président Trump ne permettra pas à la guerre commerciale de se poursuivre tout au long de la campagne électorale de 2020 est en train d’être réexaminée, les deux parties étant plus séparées que jamais. Les économistes de Goldman Sachs Group inc., par exemple, ne s'attendent plus à un accord commercial avant les élections et voient la Fed réduire son taux d'intérêt de référence deux fois cette année afin de contrer les dommages économiques causés par l'impasse.

Les changements constants dans les attentes se reflètent dans un indice qui mesure la fréquence à laquelle les reportages mentionnent l’incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis. Il a presque triplé en juin pour atteindre son plus haut niveau en 25 ans, avant de chuter de plus de moitié en juillet après une période relativement peu mouvementée. Le drame d’août n’est pas encore reflété dans l’indice calculé mensuellement.

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